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Mirador et nous, les relationnistes (de Patrice Ryan, président de Ryan Affaires publiques)

Les relationnistes ont l’habitude d’être perçus négativement. Nous préférons croire que nous sommes « mal compris ». Demandez-vous ce que fait un relationniste et, si vous n’en êtes pas une, vous n’avez probablement aucune idée. Si vous en êtes une, vous commencerez immédiatement à préparer un power point et à vous demander à quel client vous pourrez facturer ce travail.

Demandez à mes enfants, ils pourraient vous dire « les relationnistes aident les gens ». C’est ce que je leur répondais quand ils me demandaient ce que je faisais. Mais j’ai arrêté quand une de leurs amies m’a répondu : « comme les avocats? ». Je suppose que certains avocats, bien conseillés par leurs relationnistes, ont commencé à utiliser ce « message-clé ». Je réponds maintenant : « papa est un entrepreneur ». Plus dynamique.

C’est généralement plus compliqué de faire avaler cela à des journalistes. N’importe quel relationniste de plus de 35 ans se rappellera du message sur le répondeur d’un journaliste dans un grand quotidien : « je ne suis pas à mon bureau présentement. Si vous êtes relationniste, oui j’ai reçu votre communiqué et vos 17 messages vocaux. Je ne pense pas vous rappeler parce que vous puez de la gueule. » J’exagère à peine.

Comme toute la profession, j’attendais donc avec impatience le premier épisode de Mirador, cette série qui décrit la vie d’une grande agence de relations publiques montréalaise (il n’y a qu’une grande agence de relations publiques au Québec, alors on pense savoir de qui ils parlent). Le premier réflexe qui m’est venu à l’esprit est celui-ci : qui suis-je ? Le méchant un peu niaiseux ou le gentil un peu platte ? Drôle de choix.

Deuxième réflexion : quel sera l’impact de la série sur notre industrie et, partant, sur les activités de notre firme ? Il y a deux risques – que les gens de Mirador soient tellement retors que les clients craignent d’être associés avec nous; ou qu’ils soient tellement bons que nous passions pour des idiots en comparaison.

Pour m’aider à me préparer à Mirador, mon ami urgentiste m’a expliqué que la vie dans une vraie salle d’urgences est rarement aussi trépidante qu’à la télé (sauf dans Trauma, où ça semble carrément paisible – je ne sais pas quelles urgences ils ont visité avant d’écrire ça, mais c’est un de ces cas où a. la vraie vie dépasse la fiction et b. les créateurs de la série vont bientôt avoir besoin de l’aide de relationnistes pour défendre leur bébé). Afin de revenir à Mirador, donnons quelques semaines à Trauma avant de déclarer une crise.

Donc, pas de crise pour Mirador, il s’agit d’une série qui fait honneur à la profession : il y a des gentilles et des méchantes; des beaux et des moins beaux; des stratèges et des « plus portés sur la tactique »; des parleurs et des rédacteurs. Notre industrie est en vedette, c’est rare. La dernière fois que quelque chose de semblable est arrivé, c’est avec la série Lobby dans les années 1990, mais j’étais tout nouveau dans le métier. Il faut donc trouver un moyen de profiter de cette émission. Voici mon plan :

Objectif : faire croire aux gens que mon agence est comme dans Mirador, mais en mieux
Défi / obstacle : ce n’est pas vraiment le cas
Approche stratégique : développer un point de vue unique sur l’émission et le faire circuler en espérant que quelqu’un va remarquer
Moyens de communications (y compris plusieurs 2.0) : c’est là qu’il va falloir commencer à payer, on ne travaille pas gratuitement, quand même…